On disait souvent des Yoksors qu'ils savaient résoudre presque n'importe quel
problème. Mais on oubliait parfois de préciser qu'ils étaient moins doués pour
décider lesquels méritaient d'être résolus ensemble.
Savyia avait fini par considérer cette contradiction comme un problème en soi.
Une découverte qui reste enfermée dans un laboratoire ne change finalement pas
grand-chose. Une information connue d'un seul esprit peut disparaître avec lui.
Alors les connaissances devaient circuler, être vérifiées, conservées et
transmises.
Savyia n'y voyait rien de particulièrement noble, c'était simplement logique.
Il fallait donc apprendre des autres, même lorsqu'ils avaient peu à apprendre
aux Yoksors. Il fallait transmettre ce qui pouvait l'être hors de l'Axiome et
du Lumen, même lorsque personne ne le demandait encore.
Et lorsqu'une décision devait être prise, Savyia la prenait. Les hésitations
avaient leur utilité. Les discussions aussi. Mais pas lorsqu'elles empêchaient
d'avancer.
Alors, une découverte après l'autre, un système après l'autre, Savyia avait
commencé à faire circuler ce que les Yoksors avaient passé des générations à
apprendre, entre l'Axiome et le Lumen.
Après tout, l'Univers était vaste.
Il serait dommage de garder tout cela pour soi.