Sheril: partie Corylis, le jeux de conquête galactique Dernier tour : 1, le 16/09/2026 - rejoignez nous sur discord
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L'investiture

L'aube n'était pas encore levée lorsque les portes du Grand Hall s'ouvrirent.

Pour la première fois depuis des générations, les six cloches de la capitale résonnèrent simultanément.

Leurs vibrations parcoururent les cités, les centres industriels et les complexes scientifiques, annonçant à chaque Yoksor qu'un nouveau chapitre de leur histoire allait commencer.

Dans le silence qui suivit, Imotep apparut.

Il avançait seul.

À chacun de ses pas, les représentants des institutions s'inclinaient.

Les scientifiques.

Les ouvriers.

Les administrateurs.

Les militaires.

Tous étaient réunis.

Non pour célébrer un homme.

Mais pour témoigner du passage d'une charge.

Au centre du Grand Hall se dressait l'Autel des Ancêtres.

Sur celui-ci reposaient cinq objets anciens : un instrument scientifique, une carte stellaire, une balance, une main sculptée dans la pierre et une colombe de métal.

Imotep s'arrêta devant eux.

Le Gardien des Archives prit alors la parole :

« Imotep, aujourd'hui le peuple te confie sa destinée.
Que feras-tu de cet héritage ? »


Imotep resta silencieux.

Puis il posa la main sur le premier objet.


La Science


Il pensa aux générations qui avaient regardé les étoiles sans comprendre ce qui se trouvait derrière elles.

La science avait été leur première conquête.

Pas celle des territoires.

Celle de l'ignorance.

Chaque découverte avait repoussé une limite. Chaque question résolue en avait fait naître dix nouvelles.

La science ne serait donc jamais un moyen parmi d'autres. Elle serait le fondement de tout.

Comprendre pour prévoir.

Prévoir pour construire.

Construire pour progresser.

Imotep retira sa main.

Il prit ensuite la carte stellaire.


L'Expansion


Au-delà des frontières connues s'étendait l'inconnu.

Des systèmes sans nom.

Des mondes inexplorés.

Des ressources encore inutilisées.

Des connaissances que personne n'avait encore découvertes.

L'expansion ne devait pas être une fuite vers l'extérieur.

Elle devait être la continuation naturelle du progrès.

Pourquoi accepter les limites de notre monde lorsque l'univers entier demeure à explorer ?

Imotep fixa longuement la carte.

Puis il poursuivit.

Ses doigts se posèrent sur la balance.


L'Égalité


Il songea à la force d'une société où aucun Yoksor ne serait considéré comme supérieur par sa naissance, sa richesse ou sa fonction.

Un scientifique.

Un ouvrier.

Un soldat.

Un administrateur.

Tous différents dans leurs tâches.

Mais égaux dans leur dignité.

Car que vaut le progrès d'une civilisation si certains avancent tandis que d'autres sont condamnés à rester derrière ?

La grandeur d'un peuple ne se mesure pas à la hauteur de ses plus puissants, mais à la manière dont il traite les plus faibles.

Imotep inclina légèrement la tête.

Puis vint la main de pierre.


Le Collectif


Une seule main pouvait construire.

Mais des milliers pouvaient bâtir un monde.

Aucune découverte ne naissait réellement d'un seul esprit.

Aucune cité ne s'élevait grâce à un seul travailleur.

Aucun vaisseau ne quittait le sol grâce à un seul ingénieur.

Chaque Yoksor était une pièce d'une œuvre infiniment plus grande que lui.

L'individu pouvait rêver seul.

Seul, il ne pouvait pas conquérir les étoiles.

Imotep regarda l'assemblée.

Il n'était pas devant eux comme un maître.

Il était devant eux comme le premier serviteur du collectif.

Enfin, il prit la colombe de métal.


La Paix


Il pensa à tout ce que la guerre avait coûté aux civilisations avant eux.

Des vies.

Des connaissances.

Des villes.

Des générations entières.

La guerre pouvait conquérir.

Elle pouvait imposer.

Elle pouvait détruire.

Mais elle ne savait pas bâtir.

La paix serait donc leur ambition première.

Non une paix fondée sur la peur.

Non une paix imposée par la force.

Mais une paix née de la prospérité, du dialogue et de la compréhension.

Une paix suffisamment solide pour permettre à la science de progresser et aux peuples de grandir.

Imotep reposa lentement la colombe.


Le Gardien des Archives s'avança.

Il prit alors le Sceau du Commandement, symbole transmis de génération en génération.

Il le tendit à Imotep.

« Que promets-tu au peuple Yoksor ? »


Imotep saisit le sceau.

Il regarda l'assemblée.

Puis, d'une voix calme, il prononça :

« Je ne promets pas un avenir facile.
Je promets de chercher la connaissance.
Je promets de repousser nos frontières.
Je promets de défendre l'égalité.
Je promets de placer le collectif au-dessus des intérêts particuliers.
Et je promets de faire de la paix non pas notre faiblesse, mais notre force.
Science pour comprendre.
Expansion pour découvrir.
Égalité pour unir.
Collectif pour construire.
Paix pour transmettre.
Tels seront les fondements de notre avenir. »


Le Gardien des Archives inclina la tête.

Les six cloches retentirent à nouveau.

Cette fois, une seule voix s'éleva dans le Grand Hall.

Puis deux.

Puis des centaines.

Puis des milliers.

« Pour le peuple.

Pour le collectif.

Pour l'avenir. »

Imotep leva le Sceau du Commandement.

À travers les baies vitrées, les premières étoiles disparaissaient derrière la lumière du jour.

Mais pour la première fois, Imotep ne les regardait plus comme des étoiles lointaines.

Il les regardait comme un avenir à construire.

Le nouveau Commandant apposa alors le sceau sur le registre des dirigeants.

Imotep venait officiellement de prendre ses fonctions.

Le Gardien referma lentement le registre.

Sur sa couverture, une inscription ancienne était gravée :

LES CINQ FONDEMENTS DE L'AVENIR

Science pour comprendre.

Expansion pour découvrir.

Égalité pour unir.

Collectif pour construire.

Paix pour transmettre.


Imotep contempla une dernière fois les étoiles.

Puis il se détourna.

Le temps de l'héritage était terminé.

Celui de l'avenir commençait.